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Douala : deuxième ville importante de la RCA après Bangui

L’épisode Séléka-Balaka aura fait de certaines villes des pays voisins de la RCA, des lieux de refuge incontestés. Depuis le 24 mars 2013, près d’un million de personnes déplacées ont gagnés les villes proches de la RCA en quête de stabilité. De Douala à Brazzaville, en passant par Pointe Noire, Ndjaména ou Zongo, la diaspora centrafricaine connait de nouveaux membres. 

UNHCR

UNHCR Profil d’opérations 2014 – Cameroun | Aperçu |

Bienvenue à Douala, Capitale économique du Cam… Oups !!! Capitale d’asile de la République centrafricaine !!!

Choisit comme terre d’asile par l’affabulateur Bozizé lors de sa fuite face à l’invasion Séléka le 24 mars 2013, le Cameroun pays frontalier d’un Centrafrique instable est devenu, la destination prisée des centrafricains en mal de vivre. Douala la capitale économique est pour sa part la ville où près de la moitié des 94 450 déplacés centrafricains pris en charge par le Haut Conseil des Nations Unies pour les Réfugiés séjourne.  Étudiants, employés de l’État centrafricain,  commerçants ou artistes, ont choisi le Cameroun pour le passage à un autre monde ou pour une nouvelle vie.

Pourquoi le Cameroun ?

Apprécié en Afrique centrale pour sa stabilité politique et pour la paix qui y règne depuis la réunification, le Cameroun incarne l’Afrique sans guerre et soucieuse de son développement socio-économique. Le Cameroun c’est : l’Afrique en miniature comme les camerounais aiment s’en vanter, se différencie de la nation armée tchadienne, de l’éternel instable Congo, de la nation rebelle Congo Démocratique, du très avare Gabon et du nouveau riche et radin Guinée Équatoriale. Le Cameroun apparait dés lors comme cet exemple d’État où la libre de circulation et l’hospitalité de sa population sont des leviers du développement. Bien que les motivations de la destination « Cameroun » varient selon les personnes, tous se retrouvent aux pieds des sept collines de Yaoundé ou sur les boulevards de Douala loin des coups de mortier et autres machettes… Dans son profil d’opération de l’année 2014, le bureau de la représentation du Haut Conseil des Nations Unies pour les Réfugiés au Cameroun, publie : « Sur le plan de la sécurité, la situation est globalement calme au Cameroun. Cependant, en raison de l’instabilité qui trouble la région, le Cameroun a accueilli des réfugiés et des demandeurs d’asile provenant de pays limitrophes et principalement de la République centrafricaine (RCA), du Nigéria et du Tchad…. » Le Cameroun offre actuellement l’hospitalité à plus de 100 000 personnes relevant de la compétence du HCR. Avec ses 94 450 réfugiés, le Centrafrique est le pays qui compte plus grand nombre de déplacés présents au Cameroun, devant le Tchad 1540 et le 1760…

Les quartiers centrafricains de Douala

Ils sont des milliers à avoir fui le pays en raison des crises qui ont secoué la République centrafricaine depuis 2003 et à s’installer dans des conditions souvent très pénibles dans les plus bas quartiers de la capitale économique du Cameroun. A Akwa dans le littoral, où flotte le drapeau quinté-couleur du consulat de la République centrafricaine, vit la plus importance communauté centrafricaine du Cameroun. On y trouve un snack bar baptisé « la Banguissoise » et un hôtel « L’Oubangui » qui font de ce quartier, le paysage le plus centrafricain du pays Douala. A tout bout de champ, une phrase est dite en ‘’Sango’’ la principale langue parlée sur tout le territoire centrafricain. ‘’Des bara ala’’ aux ‘’singuila sewa’’ les centrafricains ont  donné à Akwa l’allure de Miskine où Benz-vi.  On y trouve des camerounais qui causent le ‘’Sango’’ d’autres même n’ayant jamais vu le Centrafrique. Regroupés selon les intérêts professionnels et/ou social de chacun, à Akwa et Ngodi, habitent les conducteurs et autres passants de véhicules, les jeunes travaillant dans les chantiers de construction de bâtiment, travaillant dans la sécurité privée et les manutentionnaires du port de Douala.  A Bali, ils se sont jetés dans la manucure et la pédicure pour assurer leurs loyers et profiter de ce que le pays de Biya leur offre. Le célèbre quartier de New-Bell offre son hospitalité aux commerçants et autres affairistes de confession musulmane ayant des affinités avec ce pays. Une nouvelle phrase a remplacé le célèbre ‘’Bonjour’’, quand deux centrafricains se rencontrent à Douala, ils ne disent plus bonjour, mais « Mo koué mo ké ngué » ?

Vers une diaspora jeune et dynamique

Si la Séléka et les antibalaka sont les diables que tout le monde craint, ils sont également le tensiomètre qui permet à la nouvelle génération des centrafricains de mesurer, de connaitre et d’apprendre ce que le monde extérieur donne. Aucun des jeunes ayant trouvé refuge à Douala ne vit sans activité financière. Ils s’occupent, non pour la forme, mais parce que « le Cameroun ne donne pas le lait » Ils vivent à deux ou trois, sont prêts à se secourir en cas de besoin et rêve de reproduire le modèle camerounais dans leur pays. Les dix prochaines années donneront au Centrafrique, des hommes et des femmes ayant connu, le monde extérieur. Comme ils le disent : ‘’ Nous sommes au front, c’est pour apprendre le combat’’. Seul point d’ombre, ces diplômés centrafricains qui n’intéressent pas le marché camerounais. Illustration du concept le camerounais d’abord. Mercier à 18 ans, il travaille dans une entreprise de sécurité privé, le père Sava à 74 ans et il est à Douala pour le transit de son véhicule et pour un projet qu’il dit ambitieux mais secret.

Comment ne pas croire que le lendemain du Centrafrique ne sera pas meilleur ?

Mais là où le bas blesse, c’est cette génération de ‘’grands frère’’ qui s’attarde dans les snacks et autres petits restaurants traditionnels à jouer les éternels opposants à tout… Ils forment des camps, pro et anti ceci, ami ou ennemi de cela et occupent leur temps à parlé au passé de ce qu’ils étaient ou ce que l’autre était sans savoir que le passé passe toujours.

Seleka, anti-balaka et compagnie : les quatre maléfiques

Si le mal centrafricain est politique, il n’est nul doute que les forces armées impliquées et véritables jouets aux mains des pouvoirs du nord, n’apportent rien de fantastique à la crise qui broie ce petit pays perdu au cœur du continent noir.

Les 4 maléfiques

Le 23 décembre, des tirs tchadiens ont fait plusieurs morts à Bangui.
AFP PHOTO/MIGUEL MEDINA

De la Seleka au Sangaris en passant par les Anti-balaka ou la MISCA, le Centrafrique est otage d’un jeu politique sponsorisé par l’occident.

Séléka ou l’effondrement d’un système politique

Inutile de le rappeler, l’accession au pouvoir de la coalition rebelle Seleka au pouvoir laisse bien de sombres taches indélébiles tant dans le système socio-politique que militaire de la République centrafricaine. Par son leader politique Michel Djotodia, cet ensemble de groupes rebelles et d’opposants au régime déchu de Bozizé s’est mis à dos, l’ensemble de la couche sociale centrafricaine. D’abord par l’accomplissement en bande organisé de pillages des biens privés que publics de la nation, par le manque d’autorité de son leader et par l’exercice d’un système de terreur sur les groupes jugés hostiles au régime. La Seleka a occasionné pour un Centrafrique déjà fragile, la chute des institutions nationales, la fuite des cadres vers d’autres pays comme le Cameroun ou le Congo et la dégradation des valeurs morales d’un pays fondé sur des bases de laïcité. La déclaration de Abakar Sabone, très médiatisé et très contesté par la même occasion qui lui a valu sa place de conseiller à la Présidence de la République semble une des raisons cachées de la prise de pouvoir de la Séléka le 24 mars 2013. Accusé non pas à tort, il est maintenant judicieux de le dire, la suite à Ziguele, Tiangaye et compagnie a renversé le pouvoir du 15 mars pour prôner la division d’un Centrafrique malgré tout riche de son peuple hétérogène.

Encore faut-il le rappeler que les sombres intentions de l’immature couche politique centrafricaine ont permis depuis l’accession à l’indépendance de maintenir dans un cercle infernal ce pays béni des dieux. En cinquante et quatre (54) ans d’indépendance et sept (7) Républiques pseudo démocratiques, le pays aura connu cinq (5) coups d’État et une régression socio-politique constatée à chacun de ces malheureux évènements… La Séléka peut être dernière du malheur centrafricain avant la renaissance d’une véritable couche politique ne pouvait faire mieux.

Anti-balaka, la révolte populaire détournée

Face à la barbarie du nouveau maître des lieux, la population exaspérée voit naitre de ses entrailles une envie de défendre ses valeurs morales et physiques… Des groupes d’auto-défenses naissent. Seuls bémols, les politiques s’y mêlent, la révolte qui se voulait alors populaire tourne au drame et le peuple se fait porter le chapeau du génocidaire. Parti du nord-ouest, région d’origine du déchu Bozizé sucre à la bouche des dirigeants du régime Seleka, les révoltés dit anti-balaka sont très vite prises en otage sous des mains politiques qui dirigent désormais ce groupe hostile au régime de Djotodia et poussent à commettre au même titre que la Seleka,  l’une des pires tueries que le Centrafrique n’ait jamais connu. Le 5 décembre 2013, plus d’un millier de personnes sont atrocement exécutées en moins de 10 jours au nom de la ‘’religion’’.

Misca, l’observateur aveugle de l’Afrique centrale

Ils sont là, voient tout sauf que… Si on pouvait parler du contingent tchadien qui s’est illustré par tous les moyens dans ce désormais conflit sous régional, dira-t-on que l’ampleur qu’il n’y plus en Afrique central personne qui ne soit impliqué dans cette histoire. Petite piqure de rappel, dans la prise du pouvoir de la Seleka, la sécurisation et l’évacuation des ressortissants tchadiens, l’une des colonies à être visée par les acteurs des événements du 5 décembre causant des pertes humaines et matérielle, tout ce qui est tchadien a été et est mal vu en Centrafrique, pour faute, Idriss Deby Itno a promis aux lendemains du rapatriement de ces compatriotes, de s’en prendre à tous ceux qui s’en sont pris aux tchadiens en Centrafrique.

Sangaris, on aurait souhaité un lion à la place de ce papillon

Maurice un ami humoriste le disait en blaguant que le nom choisi pour cette opération lui faisant un peu marrer : Comment faire tomber un dur comme la séléka par un si léger invertébré ?  Moi j’aurai souhaité un lion à la place de ce papillon. Aujourd’hui, je suis d’accord avec lui que la France, prend légèrement le conflit centrafricain. Sinon comment expliquer que ce groupe de Séléka, mal équipé, mal organisé ne soit pas maitriser par les plus qu’officiels, mille (1000) soldats de l’armée française et ceux de la Misca ?  Si ce n’est pour d’autres fins, l’armée française sur place en Centrafrique assiste impuissante au massacre de la population. Elle attend, attend et attend…

Le centrafricain est victime de malédiction

Il y a deux sortes de gens : ceux qui peuvent être heureux et ne le sont pas, et ceux qui cherchent le bonheur sans le trouver. Ce proverbe arabe semble bien décrire le cas du Centrafrique qui a tout pour briller mais ne brille pas et le centrafricain lui même qui cherche le bonheur mais ne le  trouve pas. Il est vrai qu’un pays ne brille que par le dévouement de son peuple mais l’absence de la bannière aux cinq couleurs au concert des nations fait un effet de boule de glaçon dans un bol de lait chaud. Ce pays n’a-t-il pas d’hommes brillants ?

Drapeau-rca-boganda

Drapeau-rca-boganda source www.lemonde.fr

Il m’est coutumier de parler des affaires du pays dans mon entourage et même avec des gens moins âgés que moi. Mais jamais je ne m’étais retrouvé à répondre à une interrogation aussi embarrassante que celle venant d’un jeune avec  des années de moins que moi.

Pourquoi aucun centrafricain n’est brillant?

Je bavardais de tout et de rien lundi dernier avec un jeune ami quand soudain, je ne sais par quelle motivation, il me lança :

–          Pourquoi aucun centrafricain n’est brillant?

Il me paraissait facile de répondre à cette question quand on sait que je suis de prés les montées et les descentes des gens de mon pays. Je me vois capable de parler une journée entière de gens d’ici ou de là bas. Après un sourire sournois, je me mis à lui citer les gloires centrafricaines que je connais. Je lui contais la guerre de Ngoko-wara et les prouesses de Karinou, lui chantant le courage de Barthélemy Boganda,  dans sa lutte pour la liberté du peuple oubanguien et son triste accident du 29 mars 1959, je n’avais laissé de part  la diplomatie de David Dacko du temps où il était à la tête de la RCA, l’esprit d’innovation de Jean Bedel Bokassa le conduisant jusqu’à imiter Napoléon et devenant l’empereur de Centrafrique , le doux tempérament d’André Kolingba, la langue de vipère d’Ange Félix Patassé contre la France, la belle carrière militaire de François Bozizé, jusqu’à l’improbable prise de pouvoir de Michèle Djotodia, sali par les égarements de sa bande de Séléka. Je me plaisais à glorifier les hommes politiques de mon pays quand, le silence lointain de mon interlocuteur me fait penser à Mambacka, ce grand homme de culture reconnu partout en Afrique et dans le monde pour son engagement pour l’art et la culture centrafricaine. Je me mis alors à lui parler de ce célèbre Piko (Arier Nzapassara), ce comédien ayant joué un rôle principal dans un cinéma long métrage et sa célèbre phrase connu de presque tous les enfants de la génération 80-90, « Mö mou kondo so mo goué na ni na Japon »*. Ah cette phrase me donnait l’envie de faire carrière en cinéma car pour nous à l’époque il était rare de voir un film centrafricain passer à la télé. Je n’avais oublié Didier Ouenangaré et son « Silence de la forêt« . Si tu veux, je peux t’en citer d’autres lui disais-je tout excité, à l’idée de lui faire comprendre que mon pays regorge de bien de potentiels humains. Regarde Mapou Yangambiwa, l’ex capitaine de Montpellier, le tout premier centrafricain d’origine à être champion de France, Foxi Kettevoama champion du Kazakhstan avec l’Astana, Eloge Enza qui a fait les beaux jours de L’ESTAC avant de signer à Valencienne cette saison. Comment dire qu’il n’y a pas de centrafricain brillant si Idylle Mamba  n’avait pas représenté dernièrement le pays aux jeux de la francophonie à Nice et continue de faire la fierté de la bannière au cinq couleur ? Comment dire cela si Alain Zankifo s’est fait roi du ring du kick-boxing au nom du Centrafrique? S’il n’y pas de centrafricain brillant, que diras-tu de Boddhi Satva bien connu pour ses productions (AncestralSoul) et dont son premier album « Invocation » est maintenant disponible dans le monde entier. Prudence Maidou fait bien le poids quand elle joue dans « Dakar Trottoir » aux côtés d’Éric Ebouaney, Singuila même si les congolais se disputent avec nous son appartenance, est connu pour avoir des racines centrafricaines, Romain Sato même s’il gère mal ses tourments avec les dirigeants de la Fédération Centrafricaine de Basketball est bien le premier centrafricain à fouler les parquets de la NBA. Je pourrais passer une journée entière à citer ceux qui marquent à leur manière, les belles couleurs de notre patrie. Je lui parlais de James Mays et sa séléction en février dernier pour participer aux all-Star game de la NBA. Je cherchais encore dans la longue liste des centrafricains accrochés à leur patrie ou dénaturalisés par la force des choses, quand d’une voix tremblante, mon jeune ami s’indigna:

– Nous n’avons même pas un homme politique à la hauteur de Mandela, même pas un sportif de l’acabit de Samuel Eto’o ou Didier Drogba, aucun de nos musiciens ne peut se mesurer à Koffi Olomidé ou Papa Wamba.

Le pays n’a aucune identité, comme le Cameroun avec son football, la Côte d’Ivoire avec son cacao, le Sénégal avec son île de Goré, le Congo démocratique avec ses musiciens, le Togo et le Benin avec leur Vodou… Nous n’avons aucun monument qui nous représente à l’international comme l’Egypte avec ses Pyramides, la France avec sa Tour Eiffel, les Etats Unis avec la statue de la Liberté, alors comment justifier ce manque de présence à l’international?

Là encore j’étais embêté… Mais d’un coup, je me souviens d’une version officieuse de l’accession à l’indépendance du Centrafrique, ce bruit de vent qui pourtant justifierais notre absence dans le concert des nations est peut être dû un seul fait. Boganda, le père de l’indépendance aurait maudit ses pairs Oubanguiens.

La malédiction de Boganda:

Nous étions à la veille de l’accession de l’Oubangui-Chari à l’indépendance, le pays est frappé par une nouvelle tragique. Barthélémy Boganda, le premier prêtre, le premier grand homme politique, le premier maire élu de Bangui, le Président du Grand Conseil de l’AEF (Afrique Équatoriale française), le fondateur de la République Centrafricaine le 1er décembre 1958 et surtout la plaie puante d’une église catholique dominée par l’impérialisme occidental de l’époque, perd la vie dans un crache d’avion. Comme ces pairs défenseurs de leur peuple, Boganda se fait voler la vie et son rêve de voir une Afrique unie. Cette perte comme le dit la chambre commune, pour ne pas dire le commun d’un Centrafrique instable depuis les indépendances, est la cause même de l’inexistence tout domaine de ce pays qui a tout pour briller mais tarde à décoller. Celui qui aura donné de sa vie, aurait avant de rendre l’âme maudit ceux qui ont occasionné sa perte. Les Oubanguiens. Tous les oubanguiens qui s’aventureraient à diriger le Centrafrique ou devrais-je dire, l’actuel Centrafrique de Transition ne verront qu’échec. Je serais mauvaise langue pour citer, les Dacko, Bokassa, Kolingba, Patassé, Bozizé et peut être même Djotodia qui marque, le dernier rempart de ceux qui ont directement travaillé avec Boganda. Oui j’ai vraiment envie de croire à cette version des choses pour dire que Boganda ait maudit les Oubanguiens. Sinon comment justifions-nous cet éternel retard?

Etre centrafricain, descendant des Oubanguiens est un mal de vivre

J’en revenais de ma justification combien même fastidieuse de cette inexistence de mon pays quand je me rendis compte que réellement, tous ceux qui ont un rapport parental avec ce pays, ne décolle jamais. Christ cet ami de longue date avec qui je tiens cette causerie, affirmait encore:

-Si tu veux faire une carrière internationale, il ne faut jamais dire que tu es centrafricain, sinon la malédiction de Boganda te poursuivra encore et tu ne réussiras jamais.

Me donna t-il des exemples d’hommes ou de femmes d’origine centrafricaine qui pourtant ont essayé de se différencier: Karinou aurait pû être reconnu au même titre que le tchaka Zoulou, Bokassa aurait pu mériter le même respect qu’on donne à Idi Amin Dada, Idylle Mamba aurait pu être considéré comme la Mbilia Belle version centrafricaine, Prudence Maidou serait peut être notre Angelina Joly si les querelles politiques des Oubanguiens n’avaient pas fait de morts pour leurs intérêts égoïstes ce 29 mars 1959.

Mais que diable, pourquoi Yangambiwa, n’a pas une école de football en son nom à Bangui? Pourquoi il n’existe aucune salle de ciné au nom de Ouenangaré ? Pourquoi il n’existe aucun prix littéraire au nom de Goyemidé ? Pourquoi Satva n’ouvre pas la plus grosse discothèque de Centrafrique à Bangui par exemple en son nom?  Sato n’a même pas un camp de basketball en son nom, il n’existe aucune école militaire au nom de Bokassa, Kolingba ou Bozizé. Je veux bien croire à cette malédiction mais si le centrafricain qui essaie de briller ne fait rien pour son propre nom, personne n’entendra parler de lui.

* « Je t’offre ce coq, prend-le, ramène-le au Japon »

Centrafrique : Bangui la ville poudrière

Dit-on qu’au pays des aveugles, le sourd est roi parce qu’il voit ? En Centrafrique, l’homme armé est tout simplement un dieu, il a entre ses mains le pouvoir d’arracher la vie et pour sa grandeur, il réclame tous les honneurs. Puis que tout humain rêve d’être Dieu, à Bangui tout le monde ou presque s’offre une arme. Ce cas de figure perceptible dans plusieurs pays d’Afrique et du monde semble la cause des multiples conflits armés et des commerces incontrôlés et répandus des armes de tout genre. Ici, les mauvaises habitudes ont fait des Centrafricains les premiers garants de leur propre sécurité. Chacun se protège donc à sa manière et c’est devenu une mode de s’auto-protéger au pays de la bannière aux cinq couleurs.

L’épisode Seleka, le plus sombre et triste des  interminables feuilletons meurtriers des crises militaro-politiques de la République centrafricaine, bien plus qu’un trait dans l’histoire, est incontestablement le jalon d’une perte d’identité de la sécurité publique.

Bienvenue dans la cité de la loi du plus fort

La capitale centrafricaine, en proie ces vingt dernières années aux crises militaro-politiques ayant donné naissance aux incalculables et incontrôlables groupes armés, serait devenue le sanctuaire des bandits aux mains armées. Les rues et maisons de Bangui sont bien plus remplies d’armes que les poudrières de l’armée nationale devenue inexistante depuis le début de la trilogie Seleka-Bozizé, est-il juste de décrier, quand on sait qu’à chaque coin de rue et dans bien plus d’une maison, il ne semble pas une surprise de trébucher sur une Kalachnikov, une cartouche de pistolet ou tout simplement sur un effet militaire devant normalement ne pas avoir sa place là. Tout le monde possède une arme, tout le monde veut faire parler la poudre et tout le monde a sa propre loi à Bangui. Les violences armées rythmeraient le quotidien des Banguissois au point que certains quartiers se sont vidés de leurs habitants. Les récentes violences perpétrées dans le quatrième arrondissement notamment à Boy-Rabe ont occasionné le départ de nombreuses familles vers d’autres quartiers jugé moins violents. Or, aucun quartier de Bangui n’est épargné par ces violences, comme le témoigne les cas de braquages et de bagarres.  Ces violences sont le plus souvent signalées aux alentours des bars dancing et les marchés. Jeudi 12 septembre 2013 une des effroyables scènes de braquage se déroule dans le 1er arrondissement : un véhicule de l’Organisation des Nations unies pour l’Enfance (Unicef), à bord trois hommes et une dame. Le véhicule stationné à l’entrée du marché de Saïdou est réquisitionné de force. Les habitants des quartiers Sica I, Saidou et ceux des alentours se font involontairement témoins de cette abominable scène ayant effrayé les spectateurs et faisant de la dame à bord, l’unique blessée de cette nouvelle action des hommes forts de Bangui. Voitures volées, maisons pillées et passants braqués. Sortir son nez dehors ou traîner à des heures avancées dans la nuit est le pire des châtiments que l’on peut infliger aux Centrafricains en ces temps. Christ, un voisin de quartier et boutiquier, me confirme au lendemain du braquage à Sica : « Il n’y a plus de discrétion maintenant pour ces assoiffés de tout. Ils braquent et tabassent à coup de ‘’Albatacha’’ qui ils veulent… » Mais faisant de cette situation ma préoccupation, j’aimerais bien savoir  si ces violences à Bangui ont pour unique auteur les Seleka ?

Cartographie des violences armée : les violences dépeignent Bangui

 J’ai promené mon regard et reparti selon les zones urbaines à éviter les quartiers de Bangui, reconnus très fréquentés par les ressortissants de la coalition rebelle Seleka au pouvoir. Cette cartographie fait un état des lieux du degré atteint par les violences armées depuis le lendemain du coup de force du 24 mars 2013.

Insécurité à Bangui

Cartographie de la violence à Bangui.

 Si l’on se croise sur le territoire centrafricain, ne me demandez pas de soulever mon tee-shirt, comme tout le monde, j’ai décidé de me protéger.

Centrafrique : à chacun son coup d’Etat

Dit-on qu’un peuple malheureux fait de grands artistes ? Si tel est le cas, l’art de gouverner devrait naître dans le rang des malheureuses victimes faites par les mains des politiques centrafricains. Si tel est vraiment le cas avec tout ce qu’on vit, l’artiste qui devra gouverner les jours prochains de mon pays serait déjà né.

Monument du libérateur

Monument du libérateur Bangui

J’ai entendu dire qu’en Centrafrique il serait facile de prendre le pouvoir ? Qu’il suffirait juste de s’allier avec une nation militairement plus forte pour fomenter un coup d’Etat ? Avec tous ces followers , amis et likers que j’ai sur les réseaux sociaux, je ne vois pas pourquoi je ne ferai pas le mien ? Enfin, j’ai décidé de faire un coup d’Etat comme tous ces politiques centrafricains pour ‘’sortir mon peuple de la souffrance’’. A chacun donc son coup d’Etat, moi j’ai décidé de faire le mien via mon blog et ‘’Sauver le peuple’’  des dents de ces politiques affamés. Appelez-moi désormais Monsieur le Président, en attendant que je ne sois comme eux, élu par acclamation…

Mon premier discours à la patrie

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance votre mascarade a tant duré.

Si pendant cinquante et trois ans, le peuple s’est tu et vous a laissé faire, c’est parce qu’il n’y avait personne pour défendre sa cause.

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance, nous sommes en 2013 et le monde est témoin de vos manœuvres. Une voix s’élève du camp du peuple pour enfin vous dire NON, sur tous les lieux NON.

Messieurs et dames de la politique hypocrite, c’est du camp du peuple que l’inspiration de ces mots, a lieu et vous demande de rendre le pouvoir à ce peuple martyrisé, battu et violé.

C’est au nom de cette jeunesse, tuée à Boy-rabe, Boeing et aux quatre coins de la République centrafricaine que cet écrit s’adresse à vous.

Attristé par vos comportements inhumains, par les tueries répétitives, par votre silence complice, par votre manque de respect à l’égard du peuple ;

Motivé par le fait que le peuple représente 99% et que vos camps divisés de politiques opportunistes se disputent encore les 1% ;

Convaincu que l’avenir du peuple ne se décide que par le peuple lui-même,

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance, que vous soyez du camp des traitres des lendemains des indépendances, que vous soyez du camp des hommes qui n’acquièrent le pouvoir que par les armes, que vous soyez du camp de ceux qui se taisent pour remplir leurs ventres avec le sang du peuple, l’heure est venu de comprendre que le temps de vos manèges est révolu.

Nous reprenons le pouvoir que nous vous avions confié et que par ingratitude, par égoïsme et par fourberies, vous avez retourné pour faire de nous vos plats préférés, épicés de nos sangs, sueurs et larmes.

Ce discours s’adresse à cette génération débile qui n’a donné à son peuple, aucune identité culturelle, aucune armée, aucun avenir.

Ces paroles représentent notre défense contre ceux qui font du peuple, les cibles de leurs armes.

Ces mots interprètent la douleur que nous ressentons quand, nos sangs remplissent vos barils de vin. Ces mots sont notre identité perdue à la cause de vos querelles impubères.

Nous sommes :

la fille et le fils de Yassi et de Kossi, la nièce et le neveu de Karinou et de Béko, nous avons appris à lire et à écrire à l’école Saint Charles et au CEG de Boda, de Mongoumba et de Kabo nous avons des cousins et cousines qui s’appellent Djamal, Mariam, Bilal ou Alima nous sommes nés à Yaloké, Zinga et Bandoro et nous avons grandi à N’délé, Sido et Grimari. Aujourd’hui, pour vos intérêts égoïstes, notre diversité culturelle et la richesse de nos terres risquent bien fort de ne pas nous profiter et ne profiteront pas et nos enfants.

Pour ne point nous laisser faire, nous avons décidés de prendre le pouvoir.

Politiques hypocrites, nous vous reprenons ce qui nous appartient.

Que nous reste t-il si vous avez pris la dignité à nos mères, sœurs et femmes ?

Que nous reste t-il si la présence des hommes ne compte pas plus que celui de l’animal de compagnie ?

Que nous reste t-il si à cause de vos armes, les routes de l’école sont fermées ?

Politiques vaincus, vos intérêts égoïstes sont certes protégés et soutenus par vos associés venus de partout, ceux qui vous cachent chez eux sont au même titre que vous, nos pires ennemis.

Messieurs et dames de la mauvaise gouvernance, vos 1% sont dés lors effacés et vous ne représentez aucune force, aucune menace contre l’unité du peuple qui travaille pour sa dignité.

Vous pensiez, vous succéder ainsi et faire de nous vos éternels esclaves ?

Jamais !

Nous prenons le pouvoir, sans être comme vous des marionnettes, mais les maîtres de nos destins, car la mort, vous nous aviez déjà fait voir, la souffrance, elle est notre quotidien et nous ne reculerons devant rien.

Nous prenons le pouvoir, ici, sur nos blogs, dans nos groupes et dans nos villes et villages,  par la force des mots, par la motivation de donner un avenir meilleur à nos enfants.

Nous faisons parler les murs qui ont entendus tous vos manèges. Ils avaient des oreilles, nous leur donnons aujourd’hui la parole. Nous sommes partout dans les places publiques, nous nous formons en communauté des sauveurs de la patrie. Car notre seule arme est la parole et l’accomplissement des actes salvateurs en faveur de notre peuple.

Nous prenons le pouvoir en refusant de participer à vos plans diaboliques.

Nous refusons tout  ce qui vient de vous pour protester contre votre trahison.

Politiques hypocrites, avec nous l’avenir du peuple se décide par lui-même.

Peuple libre, les rues sont désormais notre siège, les places publiques sont désormais nos lits, les murs nous servent désormais de porte voix.

Ils ont la télévision, la radio et les presses. Nous avons les blogs, les réseaux sociaux et les murs dans nos rues.

Peuple libre, le pouvoir nous appartient.

Transition en RCA: Prestation de serment sur fond de terreur

Au cas où la Somalie se cherchait un clone, dites lui que la République cent… Oh que dise-je? Dites lui que la République des Séléka lui ressemble désormais.

Djotodia Séléka

Djotodia sur fond de séleka

Bangui, dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 aout à quelques heures de la cérémonie de prestation de serment du Président de la transition en Centrafrique. Vers 3 heures du matin, les habitants des 1er  et 4ème arrondissements sont réveillés par des crépitements d’arme. De causes inconnues, ces énièmes bruits d’arme dans la ville de Bangui, resurgissent une fois de plus la peur de la population qui vide les rues de la capitale centrafricaine. La capitale de la nation à la bannière aux cinq couleurs, serait devenue la nouvelle Somalie, au point que même une fourmi n’oserai se promener au simple signalement d’une patrouille de la Séléka.

Boy-rabe, à couteau tiré avec les éléments de la Séleka

Réputé proche du président sortant François Bozizé, le quartier Boy-rabe situé dans le 4ème arrondissement de Bangui semble appartenir au viseur rouge du collimateur des autorités de la place. Une fois de plus, c’est dans cette périphérie nord de la capitale banguissoise que les engins de mort de la Séleka ont retenti pour semer à nouveau  la terreur. Faisant état d’un mort et de plusieurs blessés, l’incident armé de la nuit du 18 août, rappelle les événements tragique du 14 avril ayant opposé de jeunes résistants des 4ème et 7ème arrondissements aux éléments de la Séleka, pillant et incendiant des maisons sous prétexte d’une opération de désarmement. Depuis lors, le quartier Boy-rabe est pointé du doigt et reste moins habité en raison des répétitifs soulèvements de la population et des exactions commis par la Séleka, dont on chiffrera à plus d’une trentaine de morts, le bilan des événements du 14 avril dernier. Quartier rouge plus que jamais, les rumeurs faisant de Boy-rabe le quartier de la résistance contre l’oppression sélékiste, ne resteront que des rumeurs et depuis 24 heures, au moment où je publie ce billet, les éléments de la Séleka assiègent Boy-rabe et soumettent à des fouillent scrupuleuses, tout passant, appelé à verser à chaque entrée et sortie, la somme de 250 francs CFA. Boy-rabe serait devenu une arène où même les gladiators paient l’entrée. Ce qui est plus marrant d’ailleurs, c’est que la sortie du désormais célèbre et réputé stade Boy-rabé est payante. Devinez seulement pour quel but, fait-on payer l’entrée d’un quartier à ses habitants ? Les faire fuir bien sûr !

Baissez la tête, Sa Majesté Itno est à Bangui:

Je ne confirmerai pas les allégations d’aucun, disant que le Président tchadien Idriss Deby Itno est pour quelque chose dans la crise centrafricaine, ou du moins, je ne m’alignerai pas derrière les mauvaises langues qui disent que le cousin nordiste serait le parrain politique et même militaire du désormais président de la transition centrafricaine, le très contesté Michel Djotodia. Mais à en croire, le dispositif sécuritaire employé pour accompagner le déplacement de Deby à Bangui, serait digne d’une visite d’Obama à Dakar: circulation de véhicules privés et de transports en commun interdit ; policiers et gendarmes déployés sur toutes les intersections et grandes avenues de la place; quartiers réputés « rouge » placés sous haute surveillance militaire… Euuuh dans le cas du Centrafrique, doit-on dire militaire ou Séléka, puisque selon les dernières informations, Son Excellence, à l’époque où il n’était pas encore officiellement Président de la Transition avait jadis renommé les Forces Armées Centrafricaines, en Armée Républicaine de Centrafrique… Donc officiellement pas d’armée… Bon je ne me retrouve pas dans ce labyrinthe de jeux de mots et ne sais plus quel nom donné à ces gars en treillis armés jusqu’aux cheveux qui font désormais la loi en Centrafrique. Je m’en tiens à cela et remarque que la venue d’Idriss Deby Itno à Bangui, accompagné par un autre acteur de la crise centrafricaine, Dénis Sassous Nguesso, auront bouleversé les habitudes à Bangui. Les petites artères des quartiers longeant les avenues les plus empruntées par les transports en communs ont été prises d’assaut, durant tout le long de la cérémonie de prestation de serment du Président de la Transition, par les taxis, bus et engins à deux roues. Le soir du 18 août, comme depuis le 24 mars dernier, les rues de Bangui sont restées vident et les timides attroupements devant les bars dancing n’auront duré qu’une poignée d’heures.

Si dans son adresse, le nouveau maître de Bangui promet d’œuvrer pour la sécurité et en faveur de la tolérance zéro: « Je vous affirme qu’il n’y aura plus de place pour l’impunité, car l’on ne saurait construire un Etat de droit sans la justice. A cet effet, tous les auteurs – et ceci sans exception – des crimes et délits seront systématiquement traduits en justice et sévèrement sanctionnés », l’ombre de Bozizé, auteur d’une interview fracassante accordée à Rfi le 10 août dernier, plane encore sur le Centrafrique et attise davantage la flamme Séléka qui s’en prend, à qui en déplaise la très démocratique prise de pouvoir de la coalition de la terreur.

Avant c’était la pré-transition, mais ça c’était avant

La transition est lancée pour 18 mois et le capitaine à bord sera bien Djotodia. Contrairement à ceux qui disent que ce dernier n’avait pas toutes les prérogatives du Chef de l’Etat. Et que son Premier ministre Nicolas Tiangaye officiellement plus proche de l’opinion internationale, serait mieux écouté que lui par cette France marionnettiste à la commande des  Bozizé, Djotodia, Tiangaye et compagnie. Désormais et ce pour 18 mois, si le tapis rouge ne l’englouti pas, le seul maître à bord sera bien, Michel. Comme le témoigne son discours, l’heure de l’impunité, qu’il a vu sous semblant d’aveugle aura trouvé sa fin. Mais en attendant qu’il ne se décide à créer un parti politique comme tous les autres putschistes de son acabit, le Président de la République Transitoire de Centrafrique (RTCA)… C’est à la mode maintenant de changer les noms en Centrafrique, nous sommes dans une transition non… Djotodia devrait mieux que quiconque gérer les querelles internes de la Séléka et les histoires de qui à plus d’homme que qui au sein la coalition la plus  tristement célèbre de l’histoire de la République centrafricaine.

L’après Bozizé : génération arme en main, pouvoir possible

Humour-rébellion-iconographie-PenDesign

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L’armée les aurait appelé des frères d’arme, la politique a fait d’eux des adversaires, pire encore des ennemis politiques s’étant succédé selon les circonstances à la tête d’une nation en quête d’une véritable identité politique. De Dacko à Bozizé en passant par Bokassa ou Patassé, la fratrie des Oubanguiens alliés de Boganda, aura-t-elle connu sa fin ?

L’histoire s’en souviendra que les hommes forts ne sortent pas tous de la même école, mais que leurs destins se croisent souvent et selon leurs œuvres, ils demeurent éternellement dans la tête des hommes.

Boganda : l’école d’un directoire presque réussi

Prédestiné à conduire les jours de l’ancienne colonie française, devenue indépendante le 13 août 1960, la République centrafricaine dont il est le Président Fondateur, Barthélemy Boganda avec son rêve de fédérer les pays africains sera malheureusement court-circuité par un accident d’avion, le 29 mars 1959.  Aux lendemains de ce décès que certains qualifieraient de ‘’perte pour le Centrafrique’’, l’avenir politique de ce pays situé au centre de l’Afrique se décide depuis la métropole. David Dacko, ami, allié et cousin de Boganda prend avec l’aide de la France, les règnes d’un Centrafrique jeune et prometteur de ses richesses déjà convoitées par le colonisateur d’hier, devenu ami d’aujourd’hui. Se succèdent alors, Jean Bédel Bokassa, officier français, fondateur des Forces Armées Centrafricaine (FACA), autoproclamé Empereur de Centrafrique en 1979 mais déchu la même année par l’opération barracuda, des suites de divergences avec ses pseudo cousins français l’ayant mené au pouvoir douze ans plutôt. Dacko reviendra au pouvoir avant de laisser une fois de plus la place à un certain André Kolingba, sorti lui aussi de la mêlée des leaders politiques façonnés par la France de De Gaule et de D’Estaing. De 1983 à 1993, les relations entre la France et le Centrafrique se caractérisent par la signature d’accords militaires entre les deux nations, on note à ce titre, l’implication d’officiers français dans la formation de cadres militaires centrafricains.

Cependant, l’opinion publique centrafricaine ne prête guère attention au jeu de succession d’acolyte auquel s’adonnent presque involontairement ses leaders, sous l’influence des pays amis décideurs de l’avenir d’un pays souverain comme le Centrafrique. En 1993, Ange Félix Patassé, Premier Ministre sous le régime de Bokassa, accède à la magistrature suprême à l’issus des premières élections présidentielles organisées dans ce pays où depuis l’accession à l’indépendance, les seules élections organisées auront été celles du Référendum constitutionnelle de 1992 des temps du Président Kolingba. Une fois de plus, l’allié de toujours lâche le régime en place et prête sa confiance à un autre élément sortie des rangs de ceux qui ont marché sur les pas de Boganda. Comme Bokassa en 1966, Dacko en 1979 et Kolingba en 1981, François Bozizé arrive au pouvoir grâce un coup d’Etat, le 15 mars 2003.

Bozizé le dernier né de la fratrie

Premier Chef d’Etat centrafricain à avoir mené une rébellion avant d’arriver au Pouvoir, François Bozizé a d’abord servit en tant que homme de corps de l’empereur Bokassa et côtoyant par la suite sous tous les régimes ayant précédés au sein, ceux pour qui il sera désigné par le peuple, le successeur mérité. Sous l’ombre de l’homme fort de Béréngo, aux cotés du Général Kolingba en tant que Ministre de l’information ou encore stratège militaire sous le régime de Patassé en officiant en tant que Chef d’Etat Major des Forces Armées Centrafricaines, Bozizé fait figure du dernier représentant de la fratrie des petits frères des pères de l’indépendance. Ses dix ans de règne illustrent à juste titre son appartenance à cette couche des dirigeants africains, héritant de leurs aînés, d’une Patrie affaiblie par la colonisation, incinérée par les querelles et appauvrie par l’ignorance et dont ils n’ont su quoi faire.

La chute du régime de Bozizé le 24 mars 2013 devrait vraisemblablement boucler le cercle de ceux que l’on qualifierait d’héritiers des premières cinquante années d’indépendance de la République centrafricaine.

Génération arme en main, pouvoir possible

Le Centrafrique serait devenu au courant des vingt dernières années, un territoire où naissent et se reproduisent des mouvements armés incontrôlés de tout genre. La prise de pouvoir de la coalition politico-militaire, Séléka le 24 mars 2013, ouvre le débat sur l’avenir politique de la nation à la bannière aux cinq couleurs. L’ancien Président centrafricain François Bozizé aura-t-il bien marqué, la transition entre la génération des témoins de l’indépendance et celle qu’incarnent, les Djotodja, Gonda, Doutingai Tiangaye et compagnie, qui devront désormais faire face au néo colonialisme? L’homme politique centrafricain applique t-il les leçons qu’il donne ?

Par la naissance innombrable des rebellions dans les quatre coins du pays, inspiré par les Ndjadder, Yalo et Miskine, le principe même de la volonté du peuple, par le peuple et pour le peuple qui est le fondement de la démocratie prônée par tous, serait menacée. Ainsi donc, les armes auront remplacés les urnes pour choisir les leaders politiques en Centrafrique tandis que le compte à rebours appelé transition est lancé depuis la prise du pouvoir par Michel Djotodia. Le verdict final ne sera donné que par l’organisation effective d’élections prochaines.

Bangui: la saison des kermesses

Kermesse-Bangui

Réputée pour être l’une des villes où l’on rencontre à chaque coin de rue au moins deux bars dancing, ma capitale et ses habitants adorent les fêtes et les lieux de fêtes.

Kermesse-Bangui

Source: thomaslecoq.blogspot.com/

Depuis un certain temps, une distraction devenue habituelle  pendant les deux derniers mois de chaque année, fait vogue dans la capitale au fleuve longeant. Les kermesses qui animent les places publiques, transformées pour la circonstance en de véritables lieux de détentes nocturnes par excellence, attirent plus de monde en eux seuls que les  places publiques et autres lieux touristiques de Bangui. Plutôt adepte de jeux vidéos et des réseaux sociaux, j’ai promené mon regard ces derniers temps et sorti de mon monde de geek pour me mettre dans la peau d’un vrai banguissois.

Le résultat !

Loin d’être un expert en étude de fréquentation des lieux ou pire encore un anthropologue, j’ai remarqué  que le centrafricain est festif. Ou pire! Il aime les endroits où, les trois B répondent présents! Trois B? Non ne me dites pas que vous ne savez pas!!! La bière, la bouffe et la baise!!! Le résultat de cette étude imprévisible et informelle m’a donc permit la semaine dernière de constater que le mois de novembre à Bangui a sa particularité. En novembre, des places publiques sont prises d’assauts par les « Kota zo » de la place qui proposent au plaisir des habitants environnant, ces sortes de foires que je qualifierai volontiers de  « foire à la bière ». On y trouve, toutes les marques de boissons locales ou étrangères, grillades et autres petits plats au menu des stands qui font le paysage de ces kermesses.

Comme les marchés saisonniers

Dans mon livre de CM2 que je ne quitte jamais depuis cette classe qui me laisse tant de souvenir, j’avais lu que dans certains villages reculés d’Afrique comme dans mon village maternel d’ailleurs, le marché se tient, à des périodes déterminées. Je fais le rapprochement ici avec ces kermesses où, à cette période de l’année, les petits commerces se bousculent pour s’arracher un stand afin de proposer leurs articles qui pour certains ne tireront pas bénéfice mais s’y prêtent juste pour participer à ces moments de délires festifs. Ces commerçants saisonniers investissent toute une fortune, pour obtenir des stands et autres espaces ne mesurant pas plus de cinq mètre au prix de 45 à 50 mille francs CFA, allant d’une kermesse à une autre. En retour, le propriétaire du stand à droit, à l’électricité et la possibilité de payer aux prix de la brasserie, les boissons qu’il revendra  à un prix un peu plus élevé que dans les autres bars à l’extérieur. La Mocaf nationale vendue à 550 francs est revendue à 700 francs dans le stand, où j’ai fais escale. Dans ces beaux petits villages, où on y trouve, espace de jeux vidéo, petits « Nganda » et « cabritérie », l’ambiance est bon enfant. Au tour d’une scène de spectacle, où se succèdent tous les soirs, musiciens, rappeurs et artistes en herbes… Ai-je dis herbe? Oui, dans ces kermesse où on y trouve presque tous. Les petites canailles de la places, appelées « Godobé »  s’invitent eux aussi à la fête et il suffit de demander pour avoir. Ici, le chanvre indien ou d’autres stupéfiants se vendent comme des petits pains, sans la sanction de personne. Après tout, ceux qui tiennent ces kermesses ne sont autres que les « Kota zo » de ce pays.

Le calendrier des boucantiers

Quand, novembre ouvre ses portes et que les kermesses s’installent, le petit boucantier banguissois établit son calendrier festif.  Tel un glossaire des rendez-vous à ne pas manquer, de tous les rendez-vous des rendez-vous,  les principales dates des  fêtes ici, se comptent du bout du doigt mais sont maitrisées par les adaptes de ces foires. Ainsi donc, les, 1er, 24 et 25, 30 et 31 décembre et 1er janvier, les kermesses ouverts aux quatre coins de la ville de Bangui sont bandées de monde. Ils y viennent de tous les coins de Bangui en couple, entre amis ou famille et repartent souvent les poches vides.  L’accès à ces lieux de fête nécessite une petite bourse.  Que se soit à la Kermesse de Marabéna ou à celui de Bonga-Bonga, l’entrée lors de ces dates est le même, il faut débourser 1000 franc CFA et  s’assurer d’une bonne petite boisson ou plus et peut être celle de son ou sa compagne…

En attendant, les kermesses et leurs abonnés toujours présent, préparent la célèbre fête du 1er décembre bien que cette fête de la proclamation ne soit pas célébrée cette année à Bangui, je tiens le pari pour lequel, il y aura autant de monde dans les kermesses que les années précédentes.

Génération 3G: luxe ou manipulation au profit des TICs?

 De Bangui à Birao, en passant par Baboua jusqu’à Berberati, la communication via le téléphone portable ou internet, fait l’affaire de plus d’un centrafricain. Ceux pour lequel, communiquer paraît aussi facile que jamais. Communiquer ! Oui, cet exercice devenu un luxe auquel s’adonnent toute une génération, laisse bien des bénéficiaires.

 

On les compte en nombre ces petits fils de l’ancêtre télégraphe qui a fait les beaux jours de la communication aux siècles passés. Eux, ces téléphones portables multifonction, services internet et autres appareils multimédias ne sont plus de simples outils de communication. Ils ont forgé en une décennie, une génération numérique à l’aube des années 2000 et continuent leur apogée. A Bangui comme dans d’autres villes de la République centrafricaine, tous veulent se distinguer par un modèle hi-Tech. Dans les rues de la capitale au fleuve longeant, on ne peut croiser plus de trois passants sans se rendre compte, qu’un d’entre eux possède un appareil 3G ou du moins, un appareil multifonction. Ces appareils  sont devenus des accessoires de luxe pour les uns et indispensables pour les autres de par leur utilité. La liste est longue et on ne sait plus quel appareil remplace un autre ou lequel est plus utile que l’autre. Le téléphone portable double sims, l’appareil photo numérique ou encore la Play Station Portable partagent le plus souvent des fonctionnalités communes, mais pourtant tout le monde ou presque veut les avoir en même temps.

La 3G, une innovation technologique.

Très techniquement, avant la rédaction de ce post, j’étais de ceux qui pour se faire voire ou tout simplement pour joindre l’utile à l’agréable, s’efforçaient par tous les moyens de s’offrir un téléphone 3G. Loin d’un cours d’informatique, de manière très simple j’avais appris que le terme 3G désigne la troisième génération de la téléphonie mobile succédant à la 1G et la 2G, entre autres la Radiocom 2000 et le GSM. Selon Hervé un collègue de travail, cette technologie permet en effet, des débits bien plus rapides, que ceux des générations précédentes. Ce qui me plaisait en tout cas, c’était l’accès à internet ou le visionnage de vidéos sur un téléphone portable que proposait cette nouvelle technologie.

Qui est 3G à Bangui?

Tout le monde ou presque possède à Bangui un téléphone portable 3G, au grand profit des vendeurs installés ça et là, affichant sur ces luxueuses machines des prix à couper le souffle. Cher ou pas cher le mobile 3G est présent au pays. Le tout nouveau de la liste, apparu ces dernières semaines est le BlackBerry Bold 9900 vendu à 430 000F CFA par la société Orange Centrafrique. Un prix à la hauteur du produit? Un produit adapté à la réalité du pays? Autant de question qui renvoient à « Qui à un 3G et qui sait s’en servir? Ainsi pour élucider, j’ai développé un mécanisme assez banal. J’active le Bluetooth de mon téléphone, je lance la recherche des périphériques voisins. La liste d’utilisateur qui s’affiche me permet de savoir qui possède aux alentours, un téléphone 3G. Je résume en fait que 3 centrafricains sur 4 éteignent leur Bluetooth après utilisation, afin d’économiser de l’énergie et leurs confidentialités. Car si l’on ne le sait pas, certaines personnes sauvegardent des données personnelles sur leurs téléphones. Cette petite étude me permet donc de croire qu’un bon utilisateur de mobile 3G est celui qui prend soin de son appareil et maîtrise ses fonctionnalités.

Au profit de la réduction de la fracture numérique.

Au nom de la réduction de la fracture numérique qui depuis l’avènement de l’internet et des accessoires hi-Tech, est devenu le combat du siècle, dépassant même le fléau du VIH SIDA, la prolifération des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication s’aligne dans la logique qu’un combat contre l’illettrisme de la première décennie 2000. L’utilisation d’un téléphone mobile 3G contribue en fait à augmenter le nombre de personne ayant accès à l’internet, me confie ClavinBcar si l’on se réfère à la réalité du pays, les quatre opérateurs de téléphonie mobile présent sur place, proposent des services internet mobile à moindre coût et souvent gratuitement. Un étudiant en Science de l’Information et de la Communication me confie également qu’il est économique pour lui de posséder un téléphone à multiple fonctionnalités car cela lui économise de payer un ticket de connexion à internet, de s’acheter une clé USB et l’évite d’un manque d’appareil photo en présence d’un fait auquel il assiste. Si le nombre d’utilisateurs d’Internet pour 1000 habitants en 2008 était de 4, la réduction de la fracture numérique passe également par l’accès à internet via son téléphone portable. Les récents services internet proposés par Orange Centrafrique et Telecel Centrafrique, interviennent à juste titre pour réduire cet écart vis à vis d’autre pays du continent où le taux de pénétration d’internet est nettement plus élevé, à l’exemple du Nigeria avec 30 % de pénétration.

Le constat est positif quand on sait que l’objectif premier d’un centrafricain en utilisant un téléphone, en plus d’émettre ou de recevoir des appels est de s’offrir un luxe mais aussi de contribuer sans le savoir à lutter contre le phénomène de l’illettrisme du numérique.

Bangui : la ruée des déplacés vers l’eau

Ils sont des milliers à briser la peur et regagner leurs domiciles, malgré la sécurité encore fragile dans le 3ème arrondissement de la capitale centrafricaine. Boulata, Sara-Kabba ou encore Kina se repeuple mais ce qui manque par-dessus tout, est pourtant un minimum vital : l’accès à l’eau « potable ».

Environ 127.933 personnes ont gagné les camps des déplacés au plus fort de la crise qui a ébranlé les quartiers de Bangui et ce, jusqu’à ce jour. Exposés sur les camps à toutes sortes de contaminations, les déplacées ont reçu à la mi-décembre de l’année 2016, une assistance financière du gouvernement centrafricain et tentent peu à peu de regagner leurs domiciles.

Depuis les retours progressifs, le même scénario se reproduit tous les matins. Des centaines de femmes viennent des plus bas quartiers du 3ème arrondissement et se précipitent vers le point d’eau le plus proche. Elles font la course pour l’eau. Au tour du seul puits encore serviable de la Cité Dameca, les files se dressent. Il est 11 heures 40 minutes et certaines n’ont même pas encore rempli leurs premières bassines.

Lucie est mère de quatre petits garçons, son calvaire est de parcourir trois à quatre fois par jour, près de 800 mètres pour chercher de l’eau pour sa famille. Avec courage elle raconte :

‘’Des corps ont été jetés dans la majorité des puits ici. Les puits ont été fermés ce qui fait que nous allons souvent jusqu’à l’Ecole Kpangaba tôt le matin avec les autres femmes du quartier pour trouver de l’eau. Je fais trois à quatre fois le chemin avant la tombée de la nuit et je vous assure que c’est pénible’’.

Pour cause, une vingtaine de Kiosques-bornes-fontaines réhabilités par l’ONG Oxfam à travers le PRESU (Programme de Réhabilitation Economique et Social en milieu Urbain), ont été vandalisés pendant la crise et créant ainsi ce vide. Aujourd’hui les personnes déplacées qui retournent, manquent d’eau non seulement pour leur besoins quotidiens mais également pour moudre la terre et reconstruire leurs maisons. Vers les quartiers peu touchés par la crise, les installations de la Société des Eaux de Centrafrique (SODECA) sont trafiquées et accueillent à longueur de journée, ces chercheurs d’eau.

« Je suis en train de reconstruire ma maison mais il me faut de l’eau. Je vais jusqu’à Boulata pour trouver de l’eau, grâce aux installations de la SODECA trafiquées par les habitants du quartier ». Même s’il reconnait que cette pratique n’est pas autorisée, Bienvenu Wessegonda, chef d’un ménage de huit personnes affirme que c’est l’unique possibilité d’avoir de l’eau.

La cohésion sociale autour de l’eau

Après les derniers événements qui ont occasionné l’assassinat d’un Pasteur et l’incendie de plusieurs habitations, de nombreuses familles ont encore regagnés les camps des déplacés de l’Aéroport Bangui Mpoko, craignant ainsi pour leur insécurité. Mais dans les quartiers, « il faut absolument surmonter la crise et remettre les choses en place ». C’est ce que veut un groupe d’autodéfense qui a vu le jour afin de barrer la route à d’éventuels débordements, explique Bienvenu Feibonazouï. Composé des jeunes valides du quartier Boulata, ce groupe d’autodéfenses a pour particularité de protéger les installations de la Sodeca et de sensibiliser la population à tourner la page de crise.

Alors que Lucie faisait part de sa peur d’aller dans certaines zones ou chez des particuliers pour chercher l’eau, Bienvenu F, de la rassurer :

 « Non, ce sont nos frères. Il faut que nous tournions la page et que nous demandions seulement au gouvernement et aux ONGs d’amener de l’eau et de l’électricité dans notre quartier ».

Bien que l’on note une baisse de 2,3% du nombre des déplacés dans tout le pays, de nouveaux déplacés sont enregistrés de jour en jour, en raison des affrontements réguliers entre les groupes armés. Ces déplacements massifs éloignent la population de plus en plus d’un accès à l’eau potable et à une bonne condition d’hygiène.

Femmes de cattins allant chercher de l’eau

#Brisonslapeur : un hashtag pour vaincre l’insécurité en Centrafrique

C’est au cours d’une rencontre avec l’ONG Internews que l’idée est née. Un constat : « nombreux quartiers et villes de Centrafricaine défrayent les chroniques en raison d’un pseudo taux d’insécurité assez élevé ». Et les incrédules sont nombreux à vouloir jurer de ne pas fréquenter ces zones qualifiées d’infréquentables ou de zone rouges.

Logo de la campagne #Brisonslapeur

Alors que l’Association des Blogueurs Centrafricains rencontrait vendredi 10 février le coordonnateur d’Internews en résidence à Bangui, il a été noté l’importance de lancer une campagne visant à lever le voile sur la question : « Fait-il bon vivre en Centrafrique ? ».

‘’Il nous faut faire face aux problèmes actuels de notre pays pour parvenir à créer un meilleur cadre pour nous et nos enfants. Nous devons faciliter la cohésion entre chrétiens et musulmans en allant les uns vers les autres pour espérer un lendemain meilleur’’, me confie, Jeoffroy un habitant de Combattant, un quartier de Bangui, dont l’insécurité est grandissante.

Comment faire face au repli sur soi et faciliter la cohésion sociale ?
Durant les 3 prochains mois, l’ABCA animera la compagne #Brisonslapeur, à travers les publications de ses membres via un blog commun afin de donner une image réelle des quartiers de Bangui et des autres villes du Centrafrique, loin des clichés de violence et de peur qui circulent. Les blogueurs centrafricains regroupés en association en début d’année 2017, plus que jamais interpellés, se voient initiateurs d’un concept original et « financièrement souple », répondant à l’épineuse question de la cohésion entre les communautés, mise à mal par les récentes crises dans le pays.
A l’image de la campagne ‘’Kalangba Ti Siriri’’ d’Afrique Secours et Assistance, financée au cour de l’année 2016 par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés et mettant à contribution des journalistes et blogueurs centrafricains dans la recherche de la paix et de la cohésion sociale, la campagne #Brissonslapeur pour sa part vise principalement la communauté virtuelle. Ouverte à toutes publications pouvant contribuer à lever les barrières, cette première action à portée mondiale que mène l’ABCA bénéficiera d’un appui technique et financier d’Internews dans le cadre du projet ‘’Connect’’.