Festival Ti-î : la culture centrafricaine célébrée au Cameroun

Hors des frontières de la nation aux cinq couleurs, des artistes et entrepreneurs culturels africains se mobilisent pour célébrer la culture du cœur du continent. Réunie autour de « l’idyllique » finaliste du prix découverte RFI 2014, Idylle Mamba, la communauté centrafricaine au Cameroun s’apprête à accueillir la première édition du festival « Ti-î ».

Festival Ti-î

Jeux de société représentés au TIF2017©Dessin Penzy

Les 2 et 3 décembre prochain, le temps d’un festival, Douala incarnera la capitale de la culture centrafricaine sur les pelouses du stade Youpwé.

Porté par le laboratoire de musique et d’art DUKE’Ziki et sa promotrice Idylle Mamba, le Ti-î Festival ou « Notre festival », vise à promouvoir la culture centrafricaine au-delà de ses frontières. Au cœur de ce rendez-vous qui allie art et diplomatie, l’honneur est donné aux jeux de sociétés typiquement centrafricains et à la promotion des talents artistiques centrafricains sur la scène internationale. « L’idée est de reconnecter les centrafricains à leur culture d’origine … » affirme la promotrice du festival, alors que la Centrafrique est sujet à une crise identitaire alimentée par de nombreuses années de crises militaro-politiques. Le professeur Alphonse Blagué le dit dans son introduction de thèse de doctorat en Sociologie :

«  La République centrafricaine, aussi paradoxale que cela puisse paraitre, est à la recherche de son identité et de la légitimité populaire… A-t-elle toujours été la patrie du Zo Kwe Zo de Barthelemy Boganda ? »

Toujours d’actualité, les récentes crises ont provoqué une importante dégradation des relations sociales entre les communautés. Aujourd’hui, à travers cette fête des cultures bantoue, les communautés peuvent se réconcilier autour de la riche diversité culturelle du pays. Pour tourner la page de la crise, les initiateurs de ce festival veulent renouer avec le « vivre ensemble ». A l’affiche de cette rencontre culturelle des centrafricains de l’étranger :  des créations artistiques et des jeux de société très célèbres en Centrafrique.

Pays d’accueil du festival, le Cameroun, considéré comme « l’Afrique en miniature » ( parce-que se situant au carrefour de la culture en Afrique centrale et aussi en raison de sa diversité ethnique), compte depuis des années une très forte communauté centrafricaine. Il ouvre donc grandes ses portes aux artistes invités pour la circonstance.

En tournée de préparation à Bangui en octobre dernier, les responsables du Festival Ti-î ont reçu l’accord du gouvernement centrafricain auprès du Ministère de la Culture et du Tourisme. Accord « verbal » selon lequel « le gouvernement s’engage à 100% pour la réussite du festival ». Pourtant, à moins d’un mois du rendez-vous de Douala, les promesses tardent à se réaliser. Les délégations d’artistes sont attendues dans la capitale camerounaise vers la fin du mois de novembre mais certaines dispositions ne sont pas encore totalement remplies, explique Teza Gboko, chargé de communication du festival.

Alors qu’une attaque à la grenade a fait des victimes lors d’un concert à Bangui le 11 novembre dernier, la volonté des organisateurs du festival reste inébranlablement celle de réconcilier les cœurs par le biais de la culture. Des groupes d’artistes, dont la compagnie théâtrale « Les Perroquets », finaliste de « l’Afrique a un incroyable talent« , se produiront pendant deux jours devant la plus grande communauté centrafricaine vivant à l’étranger.

The following two tabs change content below.
nid2tic
Prince Eric Ngaibino, dit Penzy, est un amoureux de l’art et de la culture en général, journaliste de formation, ses principales œuvres sont ‘’l’or noir d’akwa’’ , l’illustration de la nouvelle ‘’la Nouvelle’’ publiée par l’association CELCIA et l’exposition des dix mots de la francophonie à l’Alliance française de Bangui en Mars 2010. On ajoute à ses créations, quelques dessins de presse dans un quotidien de la place (Le confident). Aujourd’hui il allie son talent de dessinateur aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, à travers des créations faites à la main et retouchées via des logiciels informatiques de créations visuelles dont lui-même à le secret. Entre bande dessinée, conception de logo, réalisation de toile via ordinateur création de modèles de mode, son plus grand rêve est exposé ses créations au musé du Louvre. L'écriture, s'ajoute à ses goûts artistiques et il tient aujourd'hui, le blog nid2tic pour parler de son univers et des Ntics qui le fascinent tant. « Je suis le Da Vinci des temps moderne », dit-il car pour lui, aucune créations artistique ou intellectuelle n'a de secret pour lui que quand il ne s'y intéresse pas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *